Couleurs sur la peau
Couleurs de la terre, couleurs de peau, couleurs de peau indigènes, couleurs de peau noires, couleurs de peau métisses et couleurs de peau caboclo. La peau des femmes, de notre première Mère Indigène. Prises au lasso, violées. Tenant leurs enfants, dans leur ventre, sur leurs genoux, dans leurs bras. Leurs enfants, leurs droits bafoués, leurs terres envahies, leurs forêts brûlées, leurs rivières polluées, leur avenir menacé.
Peau peinte, identifiée, évoluant dans le temps, la culture, le symbolisme et l’ascendance. Un de ces motifs graphiques très récurrents est associé aux femmes mariées, que je me suis approprié et que j’ai associé au bas-ventre, le ventre d’un peuple, l’origine d’une culture, les gardiennes des forêts, l’avenir de la planète.
Les motifs graphiques inspirés des peintures corporelles indigènes ont été utilisés pour symboliser l’imprégnation dans la culture, dans les gènes et dans l’inconscient collectif de tous les Brésiliens, de notre côté indigène, même si beaucoup le nient. Personnellement, je me sens liée au sang d’une femme indigène qui coule dans mes veines. Six générations, un hémisphère, un océan et une disparition nous séparent.
Dans la série présentée ici, ces créations graphiques s’intègrent à une autre, conçue pour ma ville natale – Rio de Janeiro – que je me suis appropriée comme une expression d’appartenance, un lien, un fil conducteur de ma création. Mon intention est de sensibiliser le spectateur aux codes culturels de toute une population qui, malgré une longue histoire de génocide et d’abus – encore si présente dans les mémoires – continue de lutter pour ses droits et pour que sa voix soit entendue.







